Maroc

Afrique subsaharienne: bilan d’une tournée royale en quatre étapes

Lors de sa visite en Côte d'Ivoire, en mars dernier, Mohamed VI et le président Alassane Ouattara ont lancé la construction de la nouvelle "Mosquée Mohamed VI" à Abidjan. Crédit : MAP.
Afrique subsaharienne: bilan d’une tournée royale en quatre étapes
mars 14
17:40 2017
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Le souverain est de retour au Maroc après une tournée africaine qui l’a mené au Ghana, en Zambie, en Guinée et en Côte d’Ivoire.

La tournée africaine du roi Mohammed VI touche à sa fin. L’avion du souverain, en provenance d’Abidjan, a atterri ce 14 mars à Casablanca, concluant ainsi une tournée en Afrique subsaharienne qui l’a mené au Ghana, en Zambie, en Guinée et enfin en Côte d’Ivoire. Cette tournée a été entamée après l’adhésion du Maroc à l’Union africaine, scellée lors du 28e sommet de l’organisation panafricaine qui s’est tenu les 30 et 31 janvier à Addis-Abeba.

Une participation ghanéenne au mégaprojet de gazoduc ?

Pour la première étape de cette tournée, le souverain s’est rendu à Accra. Initialement annoncée pour janvier, cette visite a finalement débuté le 16 février. Dans la capitale ghanéenne, Mohammed VI a présidé, avec le président ghanéen Nana Akufo-Addo, la signature de 25 accords dans les domaines de l’agroalimentaire, des télécommunications, ainsi que dans le secteur bancaire.

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Lors de cette cérémonie, le fonds souverain ghanéen Ghana Infrastructure Investment Fund (GIIF) et son pendant marocain, Ithmar Capital, ont signé un accord de partenariat stratégique ainsi qu’un mémorandum d’entente. Le but: permettre l’adhésion de GIIF à l’initiative Green Growth Investment Facility for Africa, initiée lors de la COP22 par la Banque Mondiale et le Maroc. Ce partenariat reprend les mêmes termes que celui signé entre Ithmar Capital et la Nigeria Sovereign Investment Authority (NSIA), selon le fonds souverain marocain. On rappelle qu'Ithmar et la NSIA sont tous les deux impliqués dans le mégaprojet de gazoduc reliant le Maroc au Nigéria.

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La visite de Mohammed VI au Ghana a été marquée par la publication d’un communiqué conjoint dans lequel le souverain invite le président ghanéen à effectuer une visite au Maroc tandis que Nana Akufo-Addo a félicité le roi "pour le retour du Maroc au sein de sa famille institutionnelle africaine". Lors du 27e sommet de l’UA, en juillet 2016, le Ghana ainsi que 27 autres pays africains avaient réclamé "la suspension des activités de la RASD" au sein de l’organisation panafricaine.

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L’épineuse étape zambienne

Dans le cadre de la deuxième étape de cette tournée, Mohammed VI s’est rendu en Zambie le 19 février. À Lusaka, le souverain a présidé avec le président Edgar Lungu la signature de 19 accords de coopération entre le Maroc et la Zambie dans les domaines de la protection des investissements, la finance, mais aussi l’industrie et les énergies renouvelables.

Alors que Lusaka affichait une position ambiguë vis-à-vis de la RASD en recevant notamment des officiels du Polisario après avoir retiré sa reconnaissance de l’entité, le ministère des Affaires étrangères zambien, Harry Kalaba, a clarifié la situation dans une déclaration accordée à la MAP à l’issue de la visite de la visite royale. "Je réitère ma déclaration faite à Rabat le 9 juillet 2016", a souligné le chef de la diplomatie zambienne en référence au retrait annoncé lors de sa visite au Maroc.

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Quelques jours plus tard, le ministère des Affaires étrangères zambien publiait pourtant un communiqué dans lequel il annonçait que "contrairement ce que rapportent certains médias, la visite du roi Mohammed VI ne s’est pas conclue par le retrait de la reconnaissance de la RASD".

Selon une source au sein de la diplomatie marocaine, cette déclaration réaffirme le retrait de la reconnaissance de la RASD, car celui-ci a "eu lieu bien avant en juillet 2016 dans une déclaration télévisée ministre des Afffaires étrangères zambien". Pour notre interlocuteur, la diplomatie zambienne a affiché "une attitude claire" vis-à-vis du Maroc, car "elle a signé la motion des 28", a "soutenu par écrit le retour du Maroc à l’UA", et n’a invité "aucun représentant du Polisario lors de la visite royale".

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La visite de Mohammed VI en Zambie s’est conclue le 23 février. Elle a également donné lieu à un communiqué conjoint dans lequel le président zambien a "rendu hommage à l'engagement stratégique du Maroc en Afrique, fruit de la vision de Sa Majesté le roi Mohammed VI", selon l’agence de presse MAP.

Visite à Alpha Condé

Le souverain s’est ensuite rendu en Guinée où il a rencontré le président en exercice de l’UA, Alpha Condé. Celui-ci, dans un discours prononcé à l’issue de sa rencontre avec Mohammed VI, a affirmé: "Nous comptons beaucoup sur la présence du Royaume à l’Union africaine pour que cette organisation ait davantage d’autonomie et puisse prendre en main les problèmes des Africains". Les deux chefs d’État ont également présidé la signature de huit accords bilatéraux.

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Parmi eux, un protocole d’accord portant sur la fourniture de 100.000 tonnes d’engrais au profit de la Guinée. La MAP, citant le PDG de l’OCP, Mostapha Terrab, a annoncé que le royaume faisait don de 20.000 tonnes d'engrais à la République de Guinée "en signe d’encouragement", ajoutant que les 80.000 tonnes restantes seront fournies à des prix qui permettront de réduire et probablement d’éliminer les subventions gouvernementales consacrées aux engrais. On rappellera que le chef d’État guinéen avait joué un rôle décisif dans le retour du Maroc à l'UA.

Consolidation des relations avec la Côte d’Ivoire

Le roi Mohammed VI s’était ensuite rendu à Abidjan qu’il a rallié le 24 février. Lors de cette visite, le souverain a coprésidé, avec le chef d'État ivoirien, Alassane Ouattara, la signature de 14 accords bilatéraux. En Côte d’Ivoire, le souverain a également lancé les travaux d’un centre de formation en médecine et d’une mosquée portant son nom à Abidjan. Dans la capitale économique ivoirienne, le souverain a également visité la baie de Codody afin de constater l’avancement du projet de sauvegarde et de valorisation de la zone mené par la structure marocaine Marchica Med.

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Étape malienne avortée

Annoncée par la presse nationale et malienne, la visite du roi Mohammed VI au Mali n’a pas eu lieu. Néanmoins, son secrétaire particulier, Mohamed Mounir Majidi, s’est rendu à Bamako pour inaugurer une clinique financée par le Maroc. Mounir Majidi était accompagné du professeur Abdelaziz Maaouni, médecin personnel de Mohammed VI et de Mostafa Terrab, en sa qualité de président délégué de la Fondation Mohammed VI pour le développement durable.

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Après 40 jours de tournée africaine, le roi Mohammed VI revient au Maroc alors que le Chef du gouvernement désigné, Abdelilah Benkirane, avait annoncé, lors d’une intervention devant la jeunesse du PJD le 18 février, qu’il attendrait le retour du souverain "pour lui présenter la liste des membres du gouvernement ou lui annoncer son échec". Mohammed VI devrait donner, le 10 mars, le coup d’envoi de la 19e campagne nationale de solidarité.

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