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Les suspensions de Karim Ghellab et de Yasmina Baddou maintenues par le « parlement » de l’Istiqlal

Crédit: Rachid Tniouni
Les suspensions de Karim Ghellab et de Yasmina Baddou maintenues par le « parlement » de l’Istiqlal
mars 04
16:00 2017
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Les membres du Conseil national de l’Istiqlal ont majoritairement approuvé le maintien de la suspension de Yasmina Baddou et de Karime Ghallab dont la participation au Congrès national du parti semble compromise.

C’est dans une ambiance électrique que les membres du Conseil national de l’Istiqlal (parlement du parti) ont approuvé, à la majorité et par un vote à main levée, le maintien de la suspension de Yasmina Baddou et Karim Ghellab des organes du parti, en présence du secrétaire général de l’Istiqlal Hamid Chabat. Maigre consolation pour ces deux ex-membres du Comité exécutif du parti : leur suspension a été réduite de dix-huit à neuf mois. « La décision a été adoptée par 585 membres. 21 ont voté contre », a annoncé le porte-parole du parti Adil Benhamza, sur sa page Facebook.

 

"Mascarade"

Yasmina Baddou et Karim Ghellab, qui avaient une première fois été suspendus pour une durée de dix-huit mois par la commission disciplinaire du parti, ont bénéficié le 3 mars d’un gel temporaire de leur suspension ordonné par le tribunal administratif de Rabat en attendant le vote des membres du Conseil national. Contacté par Telquel.ma, Karim Ghellab conteste la décision du Conseil national. "Ce vote est une mascarade. Nous allons, Yasmina Baddou et moi, faire appel de décision auprès de la justice", a-t-il fait savoir.

"Alors que tout avait l’air de se dérouler dans les normes, avec la présence d’un huissier de justice qui devait s’assurer que seuls les membres du Conseil national pouvaient participer au vote, des personnes qui n’étaient pas membres du Conseil ont réussi à entrer et prendre part au vote", déplore l'ancien ministre des Transports selon qui " les procédures n’ont pas été respectées lors du vote ". "Quand les votes concernent des individus, ils ne doivent pas se faire à main levée, mais par bulletin secret", assure l'ancien président de la Chambre des représentants. Suite à cette décision du Conseil national, la participation de Yasmina Baddou et de Karim Ghellab au prochain Congrès national de l'Istiqlal, prévu pour le 31 mars, semble compromise.

Course au secrétariat général

Au siège du parti à Rabat où s’est tenue la réunion, l’entrée des locaux, interdite à la presse, était strictement contrôlée par des vigiles. A l’intérieur, des slogans anti-Baddou et Anti-Ghellab ont été entendus. "Hamdi Ould Rchid et Abdessamad Kayouh ont montré leur désapprobation lors du vote. Ils étaient contre le maintien de la suspension de Baddou et Ghellab", nous révèle un membre du Conseil national, sous couvert d’anonymat.

Des bruits courent depuis quelques jours sur un éventuel soutien du président de la région de Laayoune et l’ancien ministre de l’Artisanat à la probable candidature du président du CESE Nizar Baraka, qui a été aperçu au siège de l'Istiqlal, au poste de Secrétaire général du parti. "Hamid Chabat et ses équipes utilisent leur pouvoir actuel pour écarter les gens qui ne sont pas d’accord avec eux et qui veulent faire élire un nouveau secrétaire général", fulmine Karim Ghellab.

Lire aussi: Istiqlal: la candidature de Nizar Baraka au poste de secrétaire général se précise

A moins d’un mois de la tenue du Congrès national du parti, Hamid Chabat vient de gagner une nouvelle bataille dans la course à sa propre succession. Le 3 mars, l’Union générale des entreprises et professions (UGEP), association patronale affiliée à l’Istiqlal qui tenait son congrès national au siège du parti à Rabat, a élu à sa tête un proche du secrétaire général du parti de la balance, Ahmed Afilal. L'UGEP détient de nombreux sièges au sein du Conseil national du parti de la balance qui désignera donc le prochain secrétaire général de la formation.

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