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Des supposés propos racistes font débat au Lycée Lyautey

Crédit : Aicpress
Des supposés propos racistes font débat au Lycée Lyautey
mars 02
14:09 2017
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Plusieurs surveillants du Lycée Lyautey dénoncent le comportement raciste de l'une de leur supérieure. Des accusations démenties par cette dernière.

Des accusations d’autoritarisme et de racisme portées à l'encontre de l'une des conseillères du Lycée Lyautey sont-elles fondées ? Ce sera le motif d'une réunion collective organisée par le proviseur de l'établissement Claude Thoinet, lundi 6 mars. Des griefs émanant d'un groupe de surveillants qu'une source proche de la conseillère conteste, affirmant qu'il s'agit d'une "véritable entreprise de destruction menée par certains".

Tout a commencé en janvier, lorsque le directeur de l'établissement est alerté par un syndicaliste de l'UMT. "Comme on ne peut pas se fonder sur des rumeurs, il me fallait des écrits. Après avoir reçu les courriers, j’ai averti les autorités françaises que je traitais cette affaire et que nous prenions ça très au sérieux", explique ce dernier, contacté par Telquel.ma. Une affaire que le directeur ne voulait pas voir médiatisée avant "de vérifier la véracité des faits".

"Management toxique"

De leur côté les surveillants, contactés par Telquel.ma, dénoncent les conditions de travail imposées par la conseillère principale d'éducation (CPE). "Quand je lui ai annoncé que j'étais enceinte, elle m'a dit: 'vous les Marocaines, vous ne savez que faire des enfants'. Après elle m'a dit que si ça allait m'empêcher de travailler, il valait mieux que je rentre chez moi", raconte Khadija*, l'une des surveillantes. Cette dernière parle d'un "acharnement" de la conseillère d'éducation contre sa personne. "Alors qu'elle savait que j'avais eu une hémorragie du placenta, elle me faisait monter et descendre les escaliers. Des collègues proposaient de le faire à ma place et elle s'opposait, disant que c'était à moi d'y aller". Un "acharnement" que dénonce également sa collègue Ghita*: "quand elle a su que j'étais enceinte, elle nous a dit: 'comment je vais gérer deux femmes enceintes dans mon service?'. Cela ne l'a pas empêché ensuite de nous faire monter les escaliers sans raison... Elle a vraiment un management très toxique".

D'autres collègues accusent également la CPE. Dans l'une des différentes lettres adressées début février, au directeur de l'établissement, auxquelles Telquel.ma a pu avoir accès, une autre surveillante raconte un épisode du même genre. Selon elle, la conseillère l'aurait obligée à faire des heures supplémentaires après 18h durant le mois de ramadan. Face au refus de cette dernière, la conseillère d'éducation aurait lancé: "vous restez chez vous si vous voulez jeûner".

Autre exemple évoqué par plusieurs de ces surveillants, l'année dernière lorsque Khadija et deux autres collègues se trouvaient assis dans la cour de l'établissement. "Elle est venue vers nous et nous a dit qu'il y avait trop de Marocains au mètre carré" raconte Karim*, licencié depuis. "Elle faisait des préférences avec les collègues français en général. Je me souviens aussi qu'une fois elle a dit à l'un de nos élèves de confession juive qui refusait de venir au lycée le samedi, pour des raisons religieuses, qu'il n'avait qu'à aller travailler au lycée juif d'en face", confie-t-il.

La conseillère dément

Des accusations que la CPE nie en bloc et qui l'ont "profondément bouleversée", rapporte le proviseur. Une source au sein de l'établissement se dit également étonnée par de telles accusations: "C'est elle qui a demandé à venir au Maroc. Il y a donc une incohérence entre son attitude et les faits qui lui sont reprochés". Une contradiction également relevée par notre source, proche de la conseillère, affirmant que cette dernière  "n'aurait jamais pu tenir de tels propos qui ne correspondent pas du tout aux valeurs qu'elle défend" rappelant par la même occasion son "amour pour le Maroc".

A ce jour rien ne permet de déterminer si ces "graves accusations", comme les qualifie Claude Thoinet, sont avérées. C'est pourquoi le proviseur de l'établissement avait décidé de procéder à une confrontation dès la rentrée, lundi 6 mars. "Tout le personnel de la vie scolaire sera interrogé. Il y aura confrontation des versions. Tous les protagonistes étaient d'accord avec cette stratégie pour tirer les choses au clair", explique-t-il avant d'ajouter : "Si ces faits sont avérés des mesures seront prises, si c’est monté de toutes pièces cela permettra de laver l’honneur d’une personne".

*Les prénoms ont été changés

L'article a été actualisé en intégrant la version du proviseur qui n'avait pas pu être joint.

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