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Les jeunes de l'Union des patriotes progressistes marocains veulent offrir une "troisième voie"

Le bureau de l'UPP à l'ENCG de Settat le 21 décembre lors du "Baromètre des entrepreneurs".
Les jeunes de l'Union des patriotes progressistes marocains veulent offrir une "troisième voie"
février 15
18:12 2017
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Faire de la politique autrement. C'est le maître mot de l'Union des patriotes progressistes, mouvement politique associatif créé en septembre 2016 par deux jeunes Marocains qui ont l'ambition de devenir à terme un véritable parti politique.

Ils sont déjà 18.000 internautes à suivre la page Facebook de l'Union des patriotes progressistes (UPP). Pourtant, le bureau du tout récent mouvement politique associatif ne compte que cinq membres fédérant chacun une dizaine de personnes dans leurs pôles respectifs. "Quand le site internet sera lancé fin février, nous pourrons réellement évaluer le nombre d'adhérents, qui paieront une cotisation de 50 dirhams à l'année", explique Omar Khyari, cofondateur du mouvement.

Un mouvement basé sur les étudiants

Les cinq jeunes à la tête de l'Union des patriotes progressistes ont fait leurs études entre la Belgique et le Maroc. En échange en Turquie en 2015, les deux cofondateurs Othmane Alaoui et Omar Khyari ont assisté à la montée de l'opposition à l'AKP, le parti islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan, qui a perdu la majorité absolue à l'époque alors que le chef d'État voulait changer la constitution. "On a vu un volcan politique en Turquie, il fallait qu'il se passe aussi quelque chose au Maroc", se rappelle Omar Khyari.

Pour l'instant, le mouvement UPP se contente d'organiser des tables rondes dans les grandes écoles marocaines. C'était le cas à l'ENCG de Settat le 21 décembre dernier, sur le thème de l'entrepreneuriat. La rencontre a attiré autour de 350 étudiants selon le président de l'UPP. La prochaine prévue courant mars à l'ENSA de Kénitra, et concernera le Plan d'accélération industriel. Ces conférences sont financées par des fonds propres venus "de nos parents et de nos proches", avoue Omar Khyari, précisant que chaque évènement leur coûte autour de 2.000 dirhams. "À chaque fois, le principe est le même. Dans le sein d'une grande école marocaine, on choisit une problématique, on fait un diagnostic puis on rédige un rapport que l'on veut diffuser auprès de la classe politique", explique Omar Khyari. Selon lui, le problème reste de savoir "à quelle personne politique marocaine propre et jeune nous allons pouvoir transmettre ce rapport".

Taper sur le PAM et sur le PJD

Le constat des membres fondateurs de l'UPP est simple: "le marché politique marocain n'est pas suffisant, nous voulons être une troisième voix entre les partis politiques islamistes comme le PJD ou les partis d'administration comme le PAM", résume Omar Khyari. "On a les mêmes hommes politiques depuis 30 ou 40 ans comme Habib El Malki qui est devenu le président de la Chambre des représentants", s'agace le jeune président du mouvement. "On fait le travail d'une équipe parlementaire sans être élu. Notre action citoyenne devient une action politique", se réjouit Mohammed Amine Ezzerroutti qui a rejoint l'UPP l'été dernier alors que le mouvement n'était encore qu'au stade de projet. Vouloir élever le débat politique au Maroc n'est pourtant pas nouveau et les initiatives ne manquent pas : Changer.ma, Les Citoyens, En marche Maroc... Autant d'initiatives qui veulent réveiller les citoyens pour une plus grande implication de la société civile afin de changer la façon de faire la politique, mais dans lesquelles le jeune Marocain ne se reconnaît pas.

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Si Omar Khyari dit "admirer le courage politique d'Omar Balfrej", il précise qu'il est "loin de ses idées politiques de gauche". La ligne politique de l'UPP est donc claire: prôner une "économie libérale qui s'inscrit dans la mondialisation". Omar Khyari appelle par exemple à renforcer les relations économiques avec l'Algérie et la Tunisie. "Notre projet est patriotique, mais pas nationaliste", précise-t-il.

L'autre pilier de leur mouvement s'appuie sur le concept de "progressisme". "Nous souhaitons un projet de société ouverte où la religion est l'affaire du roi", explique le président de l'UPP qui a le PJD dans le viseur. Le jeune homme s'oppose aux islamistes et prône un vivre-ensemble avec les chrétiens et les juifs. Son discours s'appuie sur le discours du roi qui cautionne un islam progressiste et une politique internationale tournée vers l'Afrique.

Cap sur les prochaines élections législatives

"Pour l'instant c'est un mouvement politique associatif, mais le rêve est de devenir un parti politique", avoue Omar Khyari qui travaille actuellement en France comme consultant dans le cabinet de Jacques Attali où il se construit un carnet d'adresse. Le jeune homme espère être de retour au Maroc en janvier 2018 et construire, d'ici là,  "un réseau avec des associations plus visibles comme Amadeus".

"Je vais être honnête, cela va être compliqué de se présenter à des élections avant cinq à dix ans, car il faut remplir nombreuses règles normatives pour être un parti, mais ce serait magique si on pouvait se présenter aux prochaines élections législatives. Je sais que c'est compliqué et un rêve, mais je vais tout faire pour y arriver", ambitionne Omar Khyari.

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