Jean-Luc Melenchon, candidat 3D

Jean-Luc Mélenchon, candidat aux prochaines élections présidentielles en France, s'est livré à un exercice inédit: assurer un double meeting avec un hologramme projeté en direct. Simple buzz ou véritable conviction technologique du candidat du Parti de Gauche?

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Jean-Luc Mélenchon Crédit: Mélenchon.fr

Le monde politique se sépare en deux: ceux qui ont une longueur d’avance en se positionnant sur les nouvelles technologies, et les autres, plus traditionnels, au risque parfois de passer à côté. Le candidat aux présidentielles françaises Jean-Luc Mélenchon a choisi son camp: celui des e-politiciens. Il est tellement électronique, le Mélenchon, qu’il a choisi de se dédoubler, pour offrir à ses partisans une projection holographique le dimanche 5 février, et en temps réel s’il vous plait. Narenda Modi (Inde) et Recep Tayyip Erdogan (Turquie) avaient déjà tenté l’expérience par le passé, mais il s’agissait là de projections préenregistrées. Le président du Parti de Gauche a, lui, tenu un double meeting à Lyon, où il se trouvait physiquement, et à Paris, où son ersatz en lumière répétait son show.

« L’hologramme bluffant de Jean-Luc Mélenchon« , titre le site du magazine Le Point. La publication de droite écrit que « l’homme politique de 65 ans s’est dédoublé à Aubervilliers, près de Paris, à 500 kilomètres de là« . Le site précise que l’hologramme a été développé par une entreprise française, Adrénaline Studio, et a coûté entre 50 000 et 100 000 euros. Selon lemonde.fr, 6 000 personnes ont suivi la prestation de l’alter ego numérisé de Mélenchon.

Mais au fait, hologramme, Késako? Il s’agit d’une restitution en 3D, volumique, qui est diffusée devant vos yeux. « Jean-Luc Mélenchon [est] filmé à Lyon grâce à une caméra. L’image [est] ensuite projetée sur un écran, sur le sol, devant la scène parisienne. Mais invisible pour le grand public« , explique à La Voix du Nord Sébastien Mizermont, directeur de création d’Adrenaline Studio. « Un film transparent tendu au-dessus de l’écran permet ensuite à l’image de se refléter en 3D, pour les yeux des spectateurs« , poursuit la même source. Il y a un temps de retard de deux secondes entre Lyon et Paris et il ne faut pas trop s’approcher sinon le subterfuge est visible.

https://twitter.com/RHoueix/status/828250065630289920?ref_src=twsrc%5Etfw

Ce tour de passe-passe technologique a permis à Jean-Luc Mélenchon d’attirer les projecteurs au propre comme au figuré sur lui, alors que la candidate du Front National, Marine Le Pen, et le candidat du jeune mouvement « En Marche » Emmanuel Macron, ont eux aussi tenu des meetings ce week-end.

Une simple recherche du buzz ? Pas tout à fait, car le candidat du Parti de gauche semble avoir depuis longtemps pris le virage des nouvelles technologies, les intégrant dans sa communication politique. On l’a vu par exemple relater son expérience du jeu vidéo en réalité virtuelle lors d’une visite à l’École nationale du jeu et des médias interactifs numériques (voir vidéo en bas, à partir de la 21e minute.

Le chef du Parti de gauche y a notamment défendu les développeurs indépendants de jeu vidéo et une industrie qui gagnerait à être soutenue par l’État. Objectif: faire face à l’uniformisation des contenus pour que le jeu vidéo ne subisse pas la même pression que celle imposée par les majors du cinéma. Il a aussi noté la « politisation » des contenus vidéoludiques, et relevé que ce nouveau média pèse davantage en termes de chiffre d’affaires que le cinéma et la musique réunis.

 

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