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Quels films regarde le directeur du CCM, Sarim Fassi Fihri ?

Sarim Fassi-Fihri © Yassine Toumi/TELQUEL
Quels films regarde le directeur du CCM, Sarim Fassi Fihri ?
décembre 09
11:06 2016
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Qu'est-ce que visionne Sarim Fassi Fihri, directeur du Centre cinématographique marocain ?

Est-ce que vous gardez le souvenir du premier film que vous ayez vu ?

Je m’en souviens parfaitement, c’est It's a Mad, Mad, Mad, Mad World, un film américain je l’ai vu en 1965, quand j’avais 7 ans, un 31 décembre, au cinéma Rif.

Quel est le dernier film que vous avez vu  ?

Elle de Paul Verhoevon. Isabelle Huppert est, décidément, une très grande actrice. Elle mérite d’avoir l’Oscar de la meilleure interprète féminine !

Quel est le film le plus bouleversant que vous ayez vu ?

Je n’en ai pas un en particulier parce que je suis très émotif et le moindre film peut être lacrymal chez moi. Il y en a beaucoup qui m’en fait pleurer en fait. Mais je dirais Silent Heart  de Billie August que j’ai vu au festival de Marrakech il y a deux années. Je suis sorti au bout de la 40e minute parce que c’était très émouvant pour moi. D’ailleurs, ce jour là, j’ai tellement pleuré que j’ai eu mal à la tête.

Quel est le film le plus ennuyeux que vous ayez vu ?

En 2004, j’étais membre du jury du festival de Marrakech et on a eu droit à un film thaïlandais de 3 heures, I carried you home, (Tongpong Chantarangkul, NDLR). Je me suis tout simplement endormi. Le lendemain, j’ai dit au jury que je ne peux pas en parler car j’ai dormi et Alan Parker, président du jury, m’a alors rétorqué :« Il faut le noter, c’est un jugement ! »

Est-ce que vous avez un film ou réalisateur dont l’œuvre vous obsède ?

Je dirais la filmographie de Orson Welles. En revanche, j’ai un rapport assez différent avec Othello, un film tourné à Essaouira. C’est un peu pareil pour le film de Oliver Laxe, Mimosas, qui a tourné son film au Maroc mais qui a un regard occidental sur ce pays. Sinon, j’aime beaucoup l’Homme qui voulut être roi de John Huston. Très belle adaptation du roman de Rudyard Kipling sur l’orgueil humain.

Vous êtes plutôt classique dans vos choix, vous aimez voir quoi chez les cinéastes contemporains ?

Je suis comme tout le monde, quand on est sensible aux peines et aux joies du monde et que le réalisateur sait les transmettre, j’adhère. J’aime beaucoup La couleur pourpre de Spielberg ou encore Babel, de Alejandro Gonzalez Iñárritu. J’ai mis cinq jours pour m’en remettre, j’étais complètement décalqué, je ne pouvais même pas parler !

Quel est le film marocain que vous appréciez le plus ?

Vous voulez que je me fâche avec tout le monde ? (Rires). On peut me traiter de vieux ou de nostalgique mais je pense directement au cinéma de la décennie des années 1970. Wechma de Hamid Bennani, le coiffeur du quartier des pauvres de Mohamed Reggab ou encore Al hal, de Mohamed Maanouni. S’agissant des réalisateurs contemporains, je suis client des films de Nour-Eddine Lakhmari Casanegra ou encore Zéro. Néanmoins, je n’ai pas aimé son premier film, intitulé Le regard. Faouzi Bensaidi a une vision assez particulière, il est dans un autre registre. Le premier est lisible pour le public, tandis que le deuxième est élitiste.

Ce n’est pas de l’élitisme, c’est juste une question de perception, non ?

Oui, mais lorsqu’un film de Faouzi sort, il fait 38 entrées en salles. C’est paradoxal ! Il y a un moment où il faut trouver un équilibre.

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