Casablanca: La clinique Notre-Dame condamnée pour la mort d'un patient dans un incendie

La clinique Notre-Dame de Casablanca a été condamnée à verser 150 000 dirhams à la veuve Joundy et le même montant à chacun de ses deux enfants pour préjudice morale. 

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Le verdict est tombé dans l’affaire du décès de Rachid Joundy dans un incendie à la clinique Notre-Dame de Casablanca. Le centre de santé a été condamné par le tribunal délictuel de Casablanca à verser un dédommagement 150 000 dirhams à la veuve et la même somme à chacun de ses deux enfants pour préjudice moral selon le quotidien l’Économiste dans sa livraison du 21 novembre. La clinique devra également payer 30 000 dirhams à la fratrie (deux frères et une sœur) du défunt.

L’infirmier de garde a, lui, écopé de deux ans de prison et une amende de 1 000 dirhams tandis que le médecin gérant à été condamné à deux mois de prison avec sursis et de 1 000 dirhams d’amende également, selon le quotidien. Un jugement rejeté par la compagnie d’assurance Atlanta, qui conteste l’application de la responsabilité civile professionnelle à laquelle la clinique avait souscrit. Pour la compagnie, la victime était décédée alors qu’elle était ligotée à son lit. Le dossier est passé en appel le 21 novembre, selon la même source.

Rachid Joundy, architecte de 77 ans, souffrait d’insomnie chronique et s’était rendu dans la clinique de Casablanca la veille du drame, pour se faire examiner et se reposer. Pendant la nuit, il a été ligoté à son lit et un incendie a atteint sa chambre. Après une plainte pour négligence et homicide involontaire déposée par la famille le 8 novembre 2015, le procès a exposé de nombreuses zones d’ombre.

Une bataille juridique de plusieurs mois

« Joundy ne représentait aucun danger nécessitant une contention physique, l’infirmier dormait quand la clinique a pris feu et la chambre de la victime a été refaite à neuf le lendemain de son décès », avait raconté à Telquel.ma la fille de la victime, Lamiae Joundy.

Après une bataille juridique qui a duré plusieurs mois, le tribunal correctionnel a rendu son verdict le 6 juin. L’infirmier, Ahmed Z, a écopé de deux ans de prison ferme et le médecin gérant, Youssef H, de trois mois. La clinique, actuellement fermée suite à une décision administrative, devra s’acquitter d’une compensation au titre de sa responsabilité civile.

Les avocats de la famille avaient, de leur côté, estimé que le responsable est « le propriétaire de la clinique » l’accusant également d’avoir ordonné des travaux dans les étages de l’hôpital alors que des patients y séjournaient.

En outre, le comité de soutien à Rachid Joundy avait critiqué le maintien du jugement à la chambre correctionnelle et demande son transfert vers la chambre criminelle. Il avait aussi considéré les compensations comme étant « dérisoires » et réclame la fermeture définitive de la clinique par voie judiciaire. La famille de Rachid Joundy avait annoncé, dans la foulée sa volonté de faire appel du jugement.

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