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Portrait: Amine Zariat, l'homme qui façonne le basket marocain de demain

Crédit: Yassine Toumi
Portrait: Amine Zariat, l'homme qui façonne le basket marocain de demain
octobre 05
12:09 2016
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Depuis 2011 TIBU Maroc promeut le basket sur l’ensemble du royaume, à travers des projets éducatifs et sociaux. Son président, Amine Zariat se montre ambitieux pour l'ONG, mais également pour lui-même.

Attablé à un café branché de Casablanca, Amine Zariat est serein. Quelques jours plus tôt, lors d’une conférence de presse, il avait présenté les objectifs de TIBU Maroc, son ONG créée en 2011, qui tend à promouvoir le basket au Maroc à travers des projets éducatifs et sociaux. Dans les dix prochaines années, TIBU compte créer 1 800 centres académiques contre deux actuellement.

Ministre à 31 ans et président de la NBA à 40

Qu’on ne s’y trompe pas, derrière le projet social louable et utile de TIBU, se cache l’ambition d’un entrepreneur qui, à 26 ans seulement, affiche déjà une assurance déconcertante. « Je vise le poste de ministre de la Jeunesse et des sports en 2021 », lance-t-il avec un certain aplomb, assurant toutefois n’avoir aucune couleur politique particulière. « Avec TIBU, je montre ce que je suis capable de faire pour la jeunesse de mon pays », affirme-t-il. Un objectif véhiculé autour de son crédo, intitulé les « 3 C ». C comme Citoyenneté, car il aspire à « mettre en priorité l’intérêt général ». C comme Compétence : « J’essaye d’être le plus compétent possible, via des études, des recherches mais également via la formation continue que j’effectue toujours pour me perfectionner. » Et enfin C comme Courage : « Quand je suis sûr du résultat, j’essaye de foncer, même, s'il y a des risques. »

Par la suite, Amine Zariat envisage de devenir président de la NBA. En 2030 précisément. Il aura alors 40 ans, l’âge où d’autres font leur crise ou envisagent de se reconvertir. « Aujourd’hui, la NBA connaît TIBU. De mon côté, j’observe leur travail et je m’approprie la culture NBA. » Des objectifs ambitieux, voire prétentieux pour certains. Mais Zariat persévère et continue de tracer sa route, faite de rêves et d’idées ingénieuses. Jusque-là, ses projets ont trouvé écho et nul n’arrivera à décourager ce passionné dans l’âme. « J’essaye, quoi qu’il arrive, de m’entourer de gens positifs. »

Pratiquant le basket quotidiennement lors des années lycée, cinq fois champion du Maroc, élu meilleur joueur du Maroc en 2004 et avec une coupe d’Afrique et deux Coupes arabes à son palmarès, Zariat s'est frayé un cheminement logique, du sport jusqu'à l'entrepreneuriat social. « A un moment, je voyais que je ne pouvais pas devenir ce joueur de haut-niveau dont je rêvais. Il fallait faire un sport-étude à l’étranger et mes moyens ne me le permettaient pas », confie-t-il. Plutôt que de se consumer en regrets, Amine Zariat fait un choix fort et opte pour le prolongement de ses études au détriment de sa passion. C’est dans cette optique qu’il étudie la gestion et la finance à l’université avant d’obtenir un master en management du sport à l’ISCAE. Il se spécialise ensuite en participant à des formations en leadership et en management des organisations sportives, aux Etats-Unis et en Suisse.

Amine Zariat, président de TIBU Maroc

Amine Zariat, président de TIBU Maroc

TIBU, la première pierre à l'édifice

En 2010, Zariat et ses amis organisent le premier Tournoi international de basket universitaire (TIBU), qui constituera la première pierre à l’édifice d’un projet à long terme. A trois jours seulement du tournoi, l'organisation se retrouve sans hôtel pour accueillir les équipes, sans budget pour les nourrir. « Si on se désistait, ça allait être une énorme frustration pour toutes les équipes qui étaient prêtes à y participer. On s’est remonté les manches, on s’est démené, pour que ce soit un succès » se souvient Zariat. Le bon déroulement du tournoi finira par convaincre son initiateur de faire de TIBU une ONG sociale, centrée autour du basket. Avec des caravanes parcourant aussi bien les grandes que les petites villes du Maroc, l’organisation fait découvrir le basket à des populations non-initiées. « On arrive dans des écoles, des collèges ou des lycées publics et on trouve 500/600 jeunes qui ne connaissent pas le basket. Le but, c’est de leur donner envie d'en pratiquer », explique-t-il. Avant de détailler : « On établit en amont des partenariats avec les écoles et des clubs, et on les aide en les équipant. Ainsi, le jeune qui a pris goût au basket puisse continuer à en pratiquer. »

Pour justifier l'ambition de créer d'ici neuf ans 1 800 centres au Maroc, Zariat revendique la formule « tous gagnants ».  A savoir conclure des partenariats public-privé en faisant notamment appel au ministère de la Jeunesse et des sports. « Il faut que le ministère de la Jeunesse et des sports soit de plus en plus sensible à ce qu’on fait », espère-t-il « Ce sont des petits budgets, de 200 000 dirhams l’année pour un centre. » Des budgets qui permettent aux enfants d’être encadrés, selon le président de TIBU : « Par ce projet, on s’assure qu’ils ne vont pas aller vers la drogue, vers le terrorisme, qu'ils ne vont pas quitter l’école… ». L’entrepreneur compte également sur le soutien  des entreprises marocaines qui, en échange d’aides financières, matérielles et structurelles, voient leurs noms associés à ce projet social d’envergure. Enfin Zariat mise également sur des actions de parrainages avec de grandes entreprises américaines, comme la NBA, afin d’effectuer des levées de fonds. « C’est un grand rêve, mais ce n’est pas utopique », estime Zariat qui a déjà obtenu un financement de la ligue américaine dans le cadre de l’organisation d’un tournoi.

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Former les champions de demain

Au-delà de l’initiation, TIBU a pour vocation de former des sportifs de haut-niveau qui « seront des modèles pour la jeunesse marocaine ». « Tous ceux qui viendront chez nous ne deviendront pas professionnels, mais tous auront à y gagner », promet-il. Avec des ateliers pour apprendre l’anglais ou recevoir des cours de leadership, présents dans les programmes proposés par TIBU, l'ONG vise plus loin que le simple dispositif sportif. « On ne fait pas de la charité, on aide les gens avec un objectif précis », insiste-t-il, tout en louant les valeurs de discipline, de rigueur, d'effort ou d'ouverture d'esprit, qu'il souhaite inculquer aux jeunes.

Loin de lui ce passé où les moyens lui faisaient défaut, Zariat consacre aujourd’hui son énergie à faire connaître et à porter le projet TIBU. Répondant aux besoins voulus par « énormément de jeunes au Maroc », il souhaite créer un vrai campus de sport-études, sur plusieurs hectares. A la fin de la rencontre, il nous présentera même l’ébauche des plans d’un projet qui, bien qu’au stade initial, se démarque par ses traits déjà très ambitieux, à l’image de son créateur.

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