Culture

Techno: Le festival Oasis passe au niveau supérieur et entraîne le Maroc dans la danse

L'Arena bondée pour The Black Madonna au festival Oasis. Crédits : Lahcen Mellal / Oasis festival
Techno: Le festival Oasis passe au niveau supérieur et entraîne le Maroc dans la danse
septembre 20
14:16 2016
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Entre deux festivals électro au Maroc, Oasis met la barre très haut. Le succès de sa deuxième édition témoigne du potentiel du Maroc pour devenir une escale incontournable de la scène techno.

3000 amateurs de techno rassemblés le temps d’un week-end à Marrakech. Pour sa deuxième édition, du 16 au 18 septembre, le festival Oasis affichait complet deux jours sur trois. Du Canada à l’Australie, en passant par la Jordanie et l’Algérie, les teufeurs sont venus de tous les coins du monde pour s’abandonner au son des meilleurs DJ internationaux et marocains. Et ce n’est pas qu’une formule. Resident Advisor, le webzine de référence des musiques électroniques, établit chaque année le classement mondial des 100 meilleurs DJ. En pôle position, l’Allemand Dixon qui était aux platines le 16 septembre. Le duo italien Tale of Us, qui pointe à la troisième position a, quant à lui, pris le contrôle le lendemain. Motor City Drum Ensemble, Mano Le Tough, Bicep, The Black Madonna, le pionnier Jeff Mills, Midland, Maya Jane Coles et George Fitzgerald figurent également dans le classement et se sont succédé aux commandes pour assurer plus de douze heures de musique quotidienne, en simultané sur deux scènes différentes.

Crédit : Oasis Festival / Lahcen Mellal

Crédit : Oasis Festival / Lahcen Mellal

Full moon party

À leurs côtés, des DJ moins connus, pour l’instant, et surtout des Marocains qui ont fait sensation : Amine K, Kaybe & Madjo, Fassi et Unes. Le fondateur des soirées Moroko Loko, Amine K, a le sentiment d’y avoir livré son « meilleur set de l’année jusqu’à présent ». Une réussite qu’il attribue « à la pleine lune » et diffusée en direct sur Facebook, pour se rendre compte que ce succès tient aussi à des nappes planantes, des lignes de basses bien senties, et des incrustations de derbouka.

Le succès d’Oasis tient aussi à sa localisation et à son organisation. Après une première édition au Fellah Hotel, le festival prend désormais ses quartiers au The Source. Un resort situé à quinze minutes du centre de Marrakech, dédié au bien-être et aux événements musicaux. Entre une grande scène autour de la piscine et une autre plus petite, l’Arena, dans un théâtre de verdure, les festivaliers déambulent dans des allées fleuries. WiFi, navettes vers les hôtels de Marrakech, restauration sur place, système de paiement dématérialisé... Tout est pensé pour n’avoir qu’un seul souci, celui de faire la fête. Cette qualité a un prix : Comptez 1800 dirhams pour le pass de trois jours. Une troisième édition aura bien lieu l’année prochaine, confirme un des fondateurs du festival porté par Marjana Jaidi, Ismaël Slaoui et Youssef Bouabid. La quatrième est déjà aussi à l’esprit, avec la possibilité d’étendre l’endroit pour y installer une troisième scène, un parking et un camping.

Morocco rime avec techno

Parmi les festivaliers, quelques célébrités. Le président de l’Institut du monde arabe de Paris, Jack Lang était au rendez-vous. Claude Challe, le DJ français fondateur de Buddha Bar également. « C’est formidable ce qui se passe ici. Vous vous rendez compte ? Avec tout ce qu’on raconte dans le monde sur l’islam, là on est dans un pays musulman et tout le monde s’amuse. Je suis ravi », déclare-t-il à Telquel.ma. Côté artistes aussi on se réjouit. « Week-end inoubliable », pour Eli & Fur, « 24 heures à Marrakech, et ça me fait fort impression », écrit Hunee ou encore B.Traits, qui « profite complètement de Marrakech ».

Cette réussite en appelle d’autres pour la musique techno au Maroc. Alexandra Lindblad dirige l’agence d’impresario Backroom depuis 1994. À Oasis, elle représentait notamment Dixon, Jennifer Cardini, Lindstrøm et Prins Thomas. Le mois prochain, elle revient au Maroc, à Essaouira, avec Âme, tête d’affiche de la première édition du festival Moga, du 14 au 16 octobre. « On suit de très près ce qui se passe au Maroc », assure-t-elle à Telquel.ma. « À chaque fois, ça se passe très bien. On a même des projets à Casablanca... », promet-elle.

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