Maroc

#Les50quiferontleMaroc. Partie 1/6: S'engager

#Les50quiferontleMaroc. Partie 1/6: S'engager
juillet 26
11:27 2016
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Élus, acteurs économiques, membres de la société civile, artistes… ils ont moins de 40 ans et seront les décideurs et influenceurs de demain.

Dresser une liste de ceux qui feront le Maroc de demain est un exercice toujours difficile. Toute sélection est forcément subjective et donc critiquable, c’est la règle d’un trombinoscope où, par principe, on ne peut jamais être exhaustif. Ceux que nous avons choisi de présenter incarnent, selon nous, le futur politique, économique, sociétal et culturel du pays. Nous avons mélangé des figures déjà connues, et à la carrière presque toute tracée, et de nouvelles têtes peu médiatisées mais qui font des choses intéressantes pour l’avenir du Maroc. Tous ont été choisis selon un principe : ils représentent une relève dans leurs domaines respectifs, ont de l’ambition pour eux-mêmes et pour leur pays. Nous avons voulu bien évidemment mettre en avant un maximum de femmes, mais nous avons buté sur une réalité bien locale : elles sont hélas toujours aussi peu présentes à des postes de décision, en politique et en économie. Une réalité qui doit changer. Nous y croyons et espérons qu’elles seront de plus en plus nombreuses à militer, à exceller, à oser, à créer et à entreprendre.

Le dossier est divisé en six parties, que nous publieront successivement sur Telquel.ma. Voici une première sélection de profils qui ont en commun leur engagement politique.

S’engager

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Mehdi Bensaïd, député

Le Pam-pam boy

À 32 ans, le plus jeune président de commission parlementaire (celle des Affaires étrangères) incarne un discours nouveau au sein de la scène politique. Celui d’élus qui défendent, à l’intérieur des institutions, des causes jugées taboues, ou trop longtemps restées la chasse gardée du Palais : la légalisation du cannabis et la question du Sahara. Ancien vice-président du Centre des études sahariennes, dont il est encore membre, Mehdi Bensaïd dit plaider pour un discours “intelligent” sur l’affaire du Sahara, bâti sur le débat d’idées et des arguments historiques. Idem pour la légalisation du cannabis à des “fins thérapeutiques”. “Je suis certain que, dans dix ans, la cause aura largement avancé. Aujourd’hui, on peut en parler sans tabou, il faudrait que le prochain gouvernement aille plus loin”, souhaite le Pamiste. Un gouvernement dont il ferait partie ? “Si ça arrive pourquoi pas, sinon tant pis. Ce n’est pas mon objectif”. Parole de ministrable et qui le sait !

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Amina Maelaïnine, députée

Sans langue de bois

Cette professeure de philosophie est l’étoile montante du PJD. Amina Maelaïnine est une islamiste 2.0 très active sur les réseaux sociaux où elle se révèle plus moderniste que ses “frères” du parti de la lampe sur des sujets sensibles. “Croire est une affaire personnelle entre l’homme et Dieu”, affirme celle qui s’enorgueillit de ne pas ressembler aux autres militants. “Moi, j’ai envie de laisser une trace dans l’histoire”, assène-t-elle. Pour Amina Maelaïnine, “nous ne pourrons pas aspirer à une vraie démocratie, à une vraie monarchie parlementaire, tant qu’on n’a pas une élite politique courageuse, indépendante, et foncièrement anti-tahakkoum”. Voilà, le mot est lâché.

Aatimad Zahidi

Aatimad Zahidi, députée

La relève féminine

C’est la plus jeune parlementaire du PJD. En 2011, alors qu’elle n’a que 29 ans, elle décroche son siège dans la circonscription de Témara. Un parlement où elle entre par la grande porte, s’étant présentée sur une liste normale, au lieu d’une liste des jeunes, comme l’ont fait la plupart des politiciens de sa génération. Au parlement, sa présidence du groupe d’amitié Maroc-France a coïncidé avec les tensions diplomatiques entre les deux pays. “C’était un moment difficile, mais il fallait le dépasser en gardant intactes les relations entre la Chambre des représentants et l’Assemblée nationale française”, explique-t-elle. “Je me verrai bien, à l’avenir, dans un poste avec plus de responsabilités afin d’influencer directement les politiques publiques”, espère-t-elle.

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Omar El Hyani, élu communal

L’agitateur

Depuis son élection sous la casaque Fédération de la gauche démocratique (FGD) aux dernières communales, c’est le trublion du conseil de la ville de Rabat. Il y balance pas mal de pavés dans la mare en critiquant la gestion déléguée, le pouvoir des sociétés de développement local (SDL) et les prérogatives élargies des walis. À 32 ans, cet ingénieur diplômé d’une école de commerce (ESCP Europe) poursuit le combat qu’il a entamé au sein du Mouvement du 20-Février et de Clarté Ambition Courage aux côtés d’un certain Omar Balafrej. “Pour l’heure, élu local, ça me plaît plutôt bien”, nous glisse-t-il, quand on lui demande s’il compte briguer d’autres mandats électifs et se consacrer entièrement à la politique. Il a d’ailleurs toujours un pied dans le monde de l’entreprise. Omar El Hyani, qui est passé par CDG Capital et le cabinet de consulting BCG, est aujourd’hui directeur des investissements de Maroc Numeric Fund, qui finance des start-up à fort potentiel.

Nada El Harif

Nada El Harif, membre de la Fédération de la gauche démocratique

Les lendemains qui chantent

Du haut de ses 33 ans, cette ingénieure est sur tous les fronts pour défendre les idées de la Fédération de la gauche démocratique (FGD) : justice sociale, dignité, égalité… Engagée en politique depuis la signature de l’appel au peuple de gauche lancé par Omar Balafrej en 2009, Nada El Harif a cofondé le mouvement Clarté Ambition Courage, qui aspire à créer “une nouvelle gauche”. Elle y milite pour “une nouvelle façon de gouverner et de gérer la chose publique”, explique celle qui est pressentie pour diriger la campagne aux prochaines législatives de la dirigeante du PSU, Nabila Mounib. “Mon principal défi est de convaincre les citoyens que la politique peut se faire autrement, portée par des gens honnêtes dont la seule préoccupation est de construire un Maroc meilleur”, espère-t-elle.

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Anouar Zyne, secrétaire général de la jeunesse de l’UC

Communicant ambitieux

Aujourd’hui, il assiste l’ex-maire de Casablanca et actuel secrétaire général de l’Union Constitutionnelle, Mohamed Sajid. Si Anouar Zyne, la bonne trentaine, à la tête de la jeunesse du parti, est consulté, ce n’est pas que grâce à ses qualités de communicant. C’est ainsi qu’en tant que jeune progressiste, il offre un ADN à un parti considéré comme un refuge pour notables. Ces derniers mois, l’UC s’est positionné sur toutes les affaires relatives aux libertés individuelles, du lynchage des homosexuels jusqu’aux déjeuneurs du ramadan. “On essaye de prendre position quand il y a des dérives”, explique-t-il.

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Hasna Abouzaid, députée

Poil à gratter

Cette pharmacienne a secoué le cocotier au sein de l’USFP. Membre d’une formation en déclin, Hasna Abouzaid n’hésite pas à dire tout haut ce que nombre de ses camarades de parti n’osent même pas penser tout bas. “Oui, il y a des problèmes de mauvaise gouvernance en interne. Oui, il y a un manque de transparence dans la prise de décision. Oui, je souhaite que ma formation politique redevienne un parti ‘institution’”, égrène-t-elle. Féministe assumée, Hasna Abouzaid rêve de voir émerger “un leadership féminin” dans un Maroc qu’elle voit libéré d’“une pratique politique rétrograde”.On s’en sortira mieux avec des femmes au pouvoir”, insiste celle qui croit dur comme fer que le pays “a besoin de gens capables de dire non”.

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Mehdi Mezouari, député

Dépoussiéreur

C’est un nom qui va devenir de plus en plus familier aux sympathisants de gauche. Membre de la commission des finances au parlement, Mehdi Mezouari, 39 ans, est le député qui monte au sein de l’USFP. Abordant sans gêne les préoccupations d’une société en mutation, le franc-parler du jeune élu détonne dans les rangs du parti de la rose. Egalement très actif sur les réseaux sociaux, il n’hésite pas à partager ses coups de gueule sur la Toile. Quant à l’avenir, Mehdi Mezouari se dit confiant et prêt à affronter des défis aussi vastes que la corruption, la mal-gouvernance ou l’absence de démocratie. “Sinon, je ne ferai pas de politique”, glisse le parlementaire.

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