Culture

Le jour où Wyclef Jean a retourné Mawazine

mai 23
17:43 2016
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Le passage de l’ex-Fugees Wyclef Jean restera dans les annales de Mawazine. Déchaîné, le rappeur haïtien en a fait voir de toutes les couleurs à l’organisation, mais surtout au public. Images.

Ce n’était pas un concert, c’était un «carnaval». Un revival des Fugees, une ode à l’Afrique, une déclaration d’amour au Maroc, une tribune pour la tolérance, un doigt d’honneur à Donald Trump, un pied de nez au protocole de Mawazine… Sur la scène de l’OLM Souissi, le 22 mai au soir, Wyclef Jean était tout ça. Le chanteur, producteur et guitariste haïtien était totalement déchaîné. Arrivé sur scène en rappant sur Ready or not de son ancien groupe, les Fugees, Wyclef Jean enchaîne sur un freestyle en anglais, espagnol et français. Après s’être essayé au oud dans un solo délirant, il saisit sa guitare pour entonner son hit, 911, écrit pour Mary J. Blige. Puis, Killing me softly, produit pour Lauryn Hill. Entre ses grands classiques, Wyclef Jean assène des messages de tolérance au public. «On nous regarde partout dans le monde, voilà ce que je vais leur dire. Si vous n’avez pas d’amour pour les musulmans, comment pouvez-vous vous aimer vous même ? Tu m’entends Donald Trump ?», improvise-t-il en musique.

Au milieu de ce show effréné qui ne laisse pas le temps de reprendre son souffle, Wyclef Jeans tourne le clip de son nouveau single inédit. Oui, comme ça, sur la scène de Mawazine. Pour l’occasion, il fait monter sur scène le groupe de jeunes percussionnistes marocains, les Slatucada, de l’association Overboys. Les enfants montent sur scène aussi, puis c’est Wyclef Jean qui descend pour s’offrir un bain de foule. «Vous inquiétez pas les gars, je viens du Bronx», lance-t-il aux agents de sécurité qui s’affairent autour de lui. Il remonte sur scène avec un drapeau du Maroc, plus en forme que jamais. À tel point qu’après deux heures de concert, Wyclef Jean ne veut toujours pas rendre le micro. Lorsque le directeur artistique du festival, Aziz Daki, lui affiche sa montre pour lui faire signe que c’est l’heure de la dernière chanson, l’artiste le fait venir sur scène avant de devenir complètement hors de contrôle. Le voilà qui escalade la structure métallique de la scène pour hurler au public, à 5 mètres de haut : «Go crazy !». Excité comme jamais, le public ne décampe pas lorsque Wyclef Jean retourne enfin en coulisses.

Mais c’est pour mieux revenir. Après de longues minutes pendant lesquelles les techniciens ne savaient pas trop s’il faut remballer ou pas, Wyclef Jean réinvestit la scène sous les acclamations. «Ils veulent qu’on arrête le spectacle ? Ok, le spectacle est terminé, mais on va faire une after-party, juste ici. Jusqu’à ce qu’ils nous coupent le son, comme on fait dans le Bronx», proclame-il au public. Et il tient parole. Son DJ et lui ont joué des hits du moment. La scène se remplit d’enfants et de personnes en coulisses. Wyclef Jean pique un sprint pour échapper aux agents de sécurité et se replonger dans la foule. «On me dit qu’il faut faire moins de bruit pour les clients du Sofitel. Alors si vous êtes en train de dormir au Sofitel, vous feriez mieux de vous réveiller, parce que cette fête va continuer !», taquine-t-il, en faisant référence à l’hôtel qui se trouve à 100 mètres derrière lui. Mais cette fois-ci, la musique a vraiment été coupée. Wyclef Jean reste encore sur scène quelques minutes pour se livrer à une séance de selfies.

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