Idées

Zakaria Boualem et la femme qui a accouché d’un lapin

12 mars
17:14 2016
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Zakaria Boualem et la femme qui a accouché d’un lapin

Nom : Boualem
Prénom : Zakaria
Né en 1976 à Guercif.
Signe particulier :
Marocain à tendance paranoïaque

Il y a une telle dose de sous-développement dans cette affaire qu’on ne sait pas par où commencer l’analyse.

Les choses se présentent globalement bien, cette semaine. Tel un navire fendant les flots avec élégance et détermination, nous voguons vers les lumières de la modernité à grande vitesse. Zakaria Boualem vous a préparé un petit point d’avancement, il est directeur de l’observatoire penché de l’avancée des travaux de construction du Maroc Moderne, après tout. Il faudra d’ailleurs songer à concevoir une identité visuelle pour cet organe, la mise en place d’une présence sur les réseau sociaux ainsi qu’une politique digitale accompagnée d’achats de likes –tout cela est très important aujourd’hui.

La première nouvelle de la semaine nous est venue de Berrechid où, selon un organe de presse sérieux, une femme aurait accouché d’un lapin à l’hôpital de la ville. Tranquille. Zakaria Boualem a pensé à une nouvelle manifestation de l’exception marocaine, avant de lire le papier et de comprendre qu’il s’agissait d’une feinte: la dame avait simulé une grossesse pour berner son mari. Elle s’est donc présentée à l’hôpital en état de grande souffrance, avant de s’enfermer dans les toilettes en gémissant de douleur. En sortant, elle tenait un lapin mort, vaguement emballé dans du tissu. L’objectif de l’entourloupe? Calmer son mari, qui lui reprochait apparemment de ne pas tomber enceinte. Il y a une telle dose de sous-développement dans cette affaire qu’on ne sait pas par où commencer l’analyse. Zakaria Boualem y renonce, et vous annonce sans le moindre effort de transition que certains hommes politiques français respectables ont demandé à ce que leurs ressortissants binationaux renoncent à leur second passeport pour prouver leur amour de la France. Ils traversent une mauvaise période les pauvres, c’est incontestable. Pour être plus clairs, ils voudraient que Abdoulqouddous Boufous, Franco-marocain de son état, clame qu’il abjure sa marocanité, ils se sentiraient ainsi plus en sécurité. Ils ignorent, les bougres, que c’est quasiment impossible. Pas à cause de la passion dudit Abdoulqouddous Boufous pour son passeport vert d’origine, non, mais parce que, administrativement, on ne peut pas renoncer à sa nationalité marocaine. Pareil pour un Boufous algérien d’ailleurs. Dans sa grande sagesse, le législateur a fermé cette porte, de peur de ne plus trouver personne sur qui exercer sa passion de l’absurde. C’était la contribution de Zakaria Boualem aux débats français, et merci.

Revenons chez nous, s’il vous plaît. Figurez-vous que notre héros vous doit des excuses. Oui, il vous a annoncé il y a quelques semaines l’éviction de Baddou Zaki, remplacé par Hervé Renard à la tête de la sélection nationale. Eh bien, il s’était trompé: Renard arrive, mais Zaki reste, même si personne n’a compris pourquoi. Nous empilons les sélectionneurs, c’est une stratégie puissante. à force de multiplier ce genre d’innovations, nous pointons à la 81e place au classement FIFA. L’Ouganda est devant nous, tout comme Chypre, Panama, Haïti et la Bolivie, c’est affreux. La courbe de notre classement, proposée par le site de la FIFA, ressemble à un toboggan dans un aquaparc. Nous sommes probablement le pays à l’échec footballistique le plus cher de la planète. Oui, c’est peut-être du populisme, de la démagogie, et tout ce que vous voulez: tous les sélectionneurs qui se sont succédé ont été grassement payés. Renard et Zaki, puisqu’ils sont désormais deux sans qu’on sache pourquoi, c’est environ un million de dirhams par mois. Au moment où on parle beaucoup de violence dans les stades, il faudrait essayer de comprendre que ce chiffre, lui aussi, est une violence pour les gens qui, justement, peuplent les stades.

Voilà, c’est tout pour cette semaine, et merci.

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