Noureddine, le confiseur franco-marocain et héros oublié des attentats de Paris

En recueillant près de soixante personnes au sein de son commerce, ce confiseur fait parti des héros anonymes des attentats meurtriers du 13 novembre dernier.

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A chaque drame, ses héros oubliés. Dans un portrait réalisé par le quotidien français Le Parisien, Noureddine et Touriya, un couple franco-maroco-tunisien, gérants d’une confiserie, à quelques mètres seulement de la terrasse de la Bonne Bière, où cinq personnes ont trouvé la mort vendredi 13 novembre, acceptent de témoigner.

Ce couple a probablement sauvé la vie d’une soixantaine de personnes en agissant vite et bien, à l’écoute des premiers coups de feu. « J’étais en train de servir des marshmallows à une cliente quand j’ai entendu les premiers tirs de kalachnikov. » confie ainsi le commerçant à nos confrères. « Là, j’ai vu une poubelle exploser et des gens courir vers moi. Ils criaient : Fusillade ! »

Noureddine réagit aussitôt en faisant entrer le maximum de personne au sein de son commerce « Il y en avait partout. Ça se bousculait. Mes pots de bonbons volaient. Certaines personnes se cachaient dans mes réserves, dans le local à photocopie et même dans les toilettes ! Ils avaient peur et moi aussi ! », continue-t-il. Au total, le confiseur a protégé environ soixante personnes, jusqu’à ce que les forces de police interviennent et leur assurent une sécurité maximale. « Ça a duré une demi-heure avant que la police n’arrive et ne fasse sortir tout le monde, deux par deux. » conclut-il.

Une semaine après les attentats, Noureddine a été remercié par François Vauglin, maire de son arrondissement et Anne Hidalgo, maire de Paris. Néanmoins, contrairement à d’autres commerces avoisinants, il ne touchera pas l’aide promise par la Mairie de Paris de 40 000 euros pour les victimes des attentats. Le commerce de Noureddine ne constate en effet aucun dégât matériel, hormis les quelques « pots de bonbons qui volaient ». Victime, Noureddine l’est pourtant bel et bien : il a été diagnostiqué par son médecin « en état de stress aigu ».

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