Maroc

Fraude électorale: les partis appellent au respect de la présemption d'innocence

Chambre des conseillers. Crédit : Rachid Tniouni
Fraude électorale: les partis appellent au respect de la présemption d'innocence
octobre 09
10:56 2015
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L'ouverture de l'année législative ce vendredi 9 octobre se déroule dans une ambiance particulière. L’Istiqlal monte au créneau pour dénoncer la publication de la liste des présumés fraudeurs et accuse l’Intérieur de favoriser le PAM.

La publication de la liste d'élus soupçonnés d'avoir utilisé l'argent pour accéder à leurs nouvelles fonctions a provoqué des remous au sein des partis politiques. Dans un communiqué, le Parti authenticité et modernité (PAM) demande à la commission de supervision des élections, qui a publié la liste, de respecter l'indépendance de l'appareil judiciaire et le secret de l'enquête ainsi que la préemption d'innocence pour toutes les personnes citées.

Le PAM s'étonne également du timing de la divulgation de la liste des soupçonnés, dans la mesure où l'élection pour la présidence de la chambre des conseillers se fera le 14 octobre. Mais le parti du tracteur se veut aussi ferme face aux fraudeurs présumés, et indique qu'il va à son tour diligenter une enquête interne concernant les deux pamistes dont les noms ont été rendus publics.

Moins attendu, le Parti justice et développement (PJD), qui conduit la coalition gouvernementale, s'est aussi fendu d'un communiqué dans lequel il demande au même titre que le PAM de respecter la présomption d'innocence. Le secrétariat général a décidé de geler l'adhésion de Hamid Zanti et de Youssef Benjelloun, qui se sont retrouvés parmi les élus accusés de fraude électorale.

Favoriser l'élection du candidat du PAM ?

Le parti de l’Istiqlal arrivé premier lors de l'élection des membres de la première chambre, et qui compte un record de 16 de ses membres dans cette liste, a pour sa part lourdement critiqué le ministère de l’Intérieur dans des propos tenus à Telquel.ma.

Pour Abdellah Bekkali, membre du bureau politique de l’Istiqlal, la publication de cette liste est "illégale". Il estime que c’est « au parquet, organe de la justice, de publier cette liste et nom à une instance gouvernementale » et  non au ministère de l'Intérieur.

Bakkali met également en cause le timing de la publication de ce document, intervenu six jours avant la désignation du président de la Chambre des conseillers, qui devrait se tenir le 14 octobre. « Six istiqlaliens élus à la deuxième chambre sont accusés, ils ne pourront pas voter, ce qui favorisera l'élection du candidat du PAM » soupçonne Abdellah Bekkali.

De son côté, le membre du PJD Abdelaziz Aftati estime que « la liste publiée par la commission n'est pas exhaustive, car le nombre des personnes corrompues dépasse les 26 », nous assure-t-il.  Pour rappel, Nabil Benabdellah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS) et ministre de l'Habitat a évoqué un pourcentage "70%", pour évoquer le nombre de fraudeurs qui auraient tout de même obtenu le sésame pour siéger à la deuxième chambre.

Le tonitruant pjdiste affirme, lui, que « lors des élections, pour les chambres professionnelles ou pour les conseils régionaux, le prix des voix a atteint les 200 000 dirhams ». L'ouverture du parlement, prévue ce vendredi 9 octobre, promet d'être bien particulière cette année.

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