Affaire Zaz: la partie civile demande près de 600 millions de dirhams

Karim Zaz est emprisonné depuis un an. Son procès n'est toujours pas terminé: la partie civile demande près de 600 millions de dirhams de dommages et intérêts.

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Karim Zaz, ancien PDG de Wana corp
Karim Zaz, ancien PDG de Wana corp. Crédit : DR

L’audience du 4 mars de l’affaire Karim Zaz était consacrée aux plaidoiries de la partie civile. Les avocats ont exigé des détenus les dommages et intérêts suivants : 122 millions de dirhams à Méditel, 160 millions de dirhams à Maroc Telecom et 304 millions de dirhams à Wana. L’État a également demandé une somme de 2 millions de dirhams collectivement à l’ensemble des accusés.

« Les demandes de la partie civile sont infondées et exorbitantes. Je ne sais pas comment ils ont procédé pour calculer ces sommes », nous confie Me Amine Lahlou, avocat de Karim Zaz. Et d’ajouter que « ces calculs représentent peut-être toutes les communications téléphoniques qui passent entre l’Europe et le Maroc ».

Quant aux éventuelles peines d’emprisonnement, le procureur, qui n’a pas encore entamé sa plaidoirie, a simplement demandé à ce que la loi pénale soit appliquée aux détenus.

Une détention préventive abusive ?

Karim Zaz a été arrêté en février 2014 en compagnie de 11 autres personnes. Ils sont en détention provisoire depuis un an. Pour Me Amine Lahlou, il s’agit d’une détention préventive abusive :

Normalement, la détention provisoire ne dépasse pas les trois mois tant que l’affaire est en instruction. Une fois que l’affaire passe devant le juge, il n’y pas plus de limitation de période concernant cette forme de détention dans la mesure où le juge peut prétexter qu’il est en train d’étudier le dossier.

Les chefs d’inculpation retenus contre Karim Zaz et les 11 autres accusés sont :

  • atteinte aux systèmes de traitement automatisé des données ;
  • fuite de documents informatiques ;
  • création et exploitation d’un réseau télécoms sans autorisation ;
  • détournement des lignes de télécoms sans autorisation préalable de l’Office des changes ;
  • non-déclaration de contrats signés avec des entreprises étrangères ;
  • transfert illégal de fonds de personnes résidentes au Maroc à d’autres résidents à l’étranger et participation à des transactions en tant que personne morale.

Le procès reprend le 11 mars prochain: ce sera au tour des avocats de la défense de faire entendre leurs plaidoiries.

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