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Daech: exécution d'un second reporter japonais, la Jordanie veut sauver son pilote

Capture d'écran de la vidéo publiée par Daech
Daech: exécution d'un second reporter japonais, la Jordanie veut sauver son pilote
février 01
09:29 2015
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L'apparente exécution par le groupe Etat islamique (EI) d'un second otage japonais enlevé en Syrie a mis le monde en émoi, tandis qu'Amman s'est dit "déterminé à tout faire" pour sauver la vie d'un pilote jordanien aux mains de Daech.

Le Japon a juré dimanche 1er février qu'il ne céderait pas face au terrorisme, après la diffusion d'un enregistrement attribué à l'EI annonçant la décapitation d'un deuxième ressortissant japonais. "Nous en sommes outrés et condamnons (cet acte) avec la plus grande fermeté", a déclaré le porte-parole du gouvernement nippon, Yoshihide Suga.

Il a jugé "hautement probable" l'authenticité de la vidéo relatant l'exécution de l'homme identifié comme étant le journaliste Kenji Goto, enlevé l'automne dernier en Syrie. L'EI avait déjà annoncé il y a une semaine avoir tué un premier otage japonais, Haruna Yukawa, capturé en août en Syrie, avant que Kenji Goto n'aille à sa recherche et ne soit enlevé à son tour fin octobre ou début novembre.

"C'est un acte de terrorisme ignoble contre lequel je suis très en colère", a renchéri le Premier ministre Shinzo Abe, visiblement ému. "Nous ne pardonnerons jamais aux terroristes", a-t-il poursuivi. "Le Japon est fermement résolu à prendre ses responsabilités en lien avec la communauté internationale pour combattre le terrorisme" et pour que ceux qui en sont responsables "soient traduits en justice".

"Kenji est parti. Je ne peux trouver de mots face à cette triste mort", a réagi devant les caméras la mère de la victime, Junko Ishido.

La Jordanie "déterminée à tout faire"

Réagissant quelques heures plus tard, Amman a aussi "vivement" condamné l'exécution de M. Goto et a assuré "n'avoir épargné aucun effort, en coordination avec le gouvernement japonais, dans le but lui sauver la vie".

La Jordanie s'est en outre dite "déterminée à tout faire" pour recouvrer vivant son pilote Maaz al-Kassasbeh, dont les jihadistes n'ont cette fois pas fait mention. Le royaume "fera tout pour sauver et libérer son pilote", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Mohammad al-Momeni, cité par l'agence officielle Petra.

L'EI a menacé d'exécuter Maaz al-Kassasbeh si Amman ne libérait pas une terroriste irakienne. Daech avait fixé un ultimatum qui expirait jeudi 29 janvier au soir. Placée en porte-à-faux, la Jordanie s'était dite prête à libérer la prisonnière Sajida al-Rishawi, mais exigeait une preuve de vie de son pilote capturé en décembre après l'accident de son F-16 en Syrie, où il menait un raid sur des positions de l'EI dans le cadre de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

Condamnation internationale

Dans la nouvelle vidéo diffusée samedi 31 janvier sur Twitter, on voit M. Goto en tenue orange à genoux, à côté d'un homme debout, masqué et tout de noir vêtu, avec un couteau à la main. La dernière image présente un corps sans vie.

Selon le centre de surveillance des sites islamistes SITE, le bourreau à l'accent britannique est le même que sur les précédentes vidéos de décapitation d'otages occidentaux par l'EI. Cet homme affirme que l'exécution de Kenji Goto punit la "participation irresponsable" du Japon à la guerre de la coalition internationale contre les jihadistes.

Les réactions ont afflué dans la nuit et la matinée de dimanche: le président américain Barack Obama a condamné un "meurtre odieux".  Son homologue français François Hollande a fait part de son indignation, soulignant que la France était "solidaire du Japon dans cette nouvelle épreuve".

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a condamné "dans les termes les plus énergiques l'assassinat barbare de Kenji Goto, qui souligne la violence que beaucoup ont subi en Irak et en Syrie". Il a de nouveau "appelé à la libération inconditionnelle de tous les otages détenus par Daesh (EI) et d'autres".

Outre les deux japonais, l'EI a revendiqué depuis la mi-août l'exécution de cinq otages occidentaux: les deux journalistes américains, James Foley et Steven Sotloff, ainsi qu'un troisième américain, l'humanitaire Peter Kassig, deux humanitaires britanniques, David Haines et Alan Henning, tous enlevés en Syrie.

Karyn Nishimura-Poupee, Kyoko Hasegawa

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