Bouchaïb Arroub, le nouvel homme fort des FAR

Le général de corps d’armée Bouchaïb Arroub est le nouvel 
homme fort des FAR. Il a hérité du poste d’inspecteur 
général et commandant de la zone Sud. Profil.

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Les généraux Bouchaïb Arroub ( à droite) et Abdelaziz Bennani ( à gauche). Photo : Rachid Tniouni

Alors que l’on attendait un communiqué officiel sur l’état de santé du général Abdelaziz Bennani, c’est Mohammed VI qui prend tout le monde de court. Le 13 juin, il nomme Bouchaïb Arroub nouvel inspecteur général des FAR et commandant de la zone Sud. Soit les deux postes que cumulait son prédécesseur. Il a « été choisi dans ses nouvelles fonctions pour ses hautes qualités humaines et professionnelles et pour l’abnégation et la loyauté dont il a fait montre dans l’exercice des différentes responsabilités militaires et d’encadrement dont il a eu la charge », lit-on dans un communiqué du cabinet royal diffusé le même jour. Sans plus de détails. « L’homme devient tout simplement le numéro 2, après le roi, de tous les corps d’armée du pays », explique un ancien militaire. Une belle consécration pour ce haut gradé qui fait partie du « triangle d’or », avec Abdelaziz Bennani et Housni Benslimane. Sauf qu’à la différence de ces deux derniers, il est toujours resté loin des projecteurs.

Un parcours sans remous

Il est impossible de trouver la moindre biographie officielle du général Bouchaïb Arroub. Tout ce qu’on sait de lui est qu’il est né en 1936, dans une modeste famille à Larbaâ Legfaf, un petit village de la région de Khouribga. Lauréat de l’Académie Dar El Beida vers la fin des années 1950, on retrouve sa trace plus tard, en 1966, en tant que patron de la base militaire de Benguerir. « Entre-temps, il a multiplié les stages et les formations dans plusieurs écoles et académies étrangères, dont Saint-Cyr en France », affirme l’une de ses vieilles connaissances. On le retrouve plus tard dans le cabinet de Mohamed Oufkir, et surtout au Sahara, lorsque le conflit éclate entre le Maroc et le Front Polisario. « L’expérience acquise sur le terrain lui a permis de monter en grade pour occuper de hautes responsabilités au sein du poste de commandement avancé à Agadir », se souvient l’un de ses amis. Bouchaïb Arroub commence à  se faire un nom en 1988, lorsque Hassan II lui confie les rênes du 3e bureau, une direction des FAR qui supervise tout ce qui a trait à la formation au sein de l’armée, mais aussi au renseignement. « C’est de ces longues années que provient son pouvoir. Il est redouté au sein de l’armée, mais y est aussi très respecté », affirme notre source.

Le général érudit

Promu général de corps d’armée en 2004, Bouchaïb Arroub continue de cultiver la discrétion. « C’est dans sa nature. C’est un homme qui préfère travailler dans son bureau et enchaîner jusqu’à 18 heures par jour », affirme l’une de ses connaissances. Quand, en 2008, il s’éclipse pendant près d’un an, on le dit « banni ». La vérité est qu’il se soignait d’une grave maladie avant de reprendre du service. Et il avait du pain sur la planche. Car, en parallèle à son travail de coordination avec le 5e bureau et la DGED (Direction générale des études et de la documentation), il est appelé à diriger la Commission marocaine de l’histoire militaire. C’est d’ailleurs grâce à ses bonnes relations avec les hauts responsables des armées amies (Espagne, France et USA) qu’il arrive à convaincre la Commission internationale d’histoire militaire de tenir son 30e conclave à Rabat en 2004. Homme de grande culture, Bouchaïb Arroub a élaboré et dirigé plusieurs ouvrages sur l’histoire militaire, tout comme il a contribué à enrichir les archives nationales en la matière. Son entourage parle d’un homme pieux, qui ne court surtout pas derrière l’argent. « Cela ne l’a jamais intéressé d’amasser des fortunes, et dans les affaires il essaie de rester à l’écart », affirme son entourage. Sa récente nomination au poste le plus prestigieux de l’armée augure-t-elle d’un changement de fond au sein des FAR ?

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  • Voua avez omis de signaler son passage au 1er Lycee Mlilitaire royal de Kenitra en tant que Directeur de ce prestigieux Etablissement.En tant qu,ancien eleve de cet Etablissement,j,ai garde le souvenir d,un Directeur droit,erudit,affable et attentionne