Culture

Studio. Moroccan Arts Academy

Studio. Moroccan Arts Academy
décembre 09
12:10 2013
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Découverte. Avec son air futuriste, le Studio des Arts Vivants regroupe une école, un théâtre et une galerie d’expositions. Immersion dans un vivier où s’épanouissent les vocations artistiques.

Le long de l’ancienne route d’Azemmour, entre les somptueuses villas et le quartier populaire Hay Hassani à Casablanca, se trouve le Studio des Arts Vivants. Un bâtiment ultra-moderne, légèrement cubiste, qui abrite une galerie d’art contemporain, une salle de spectacle ainsi qu’une école artistique pluridisciplinaire. Créé en 2010 par Fihr Kettani, le « studio »,  comme le surnomment les habitués du lieu, grouille et bouillonne de partout. Entre les toiles pétillantes et colorées de la galerie, les petites filles en tutus roses qui défilent dans les couloirs et l’écho des voix des apprentis chanteurs, on ne sait plus où donner de la tête. Une atmosphère qui n’est pas sans rappeler la cultissime comédie musicale Fame ou encore la série espagnole Un, dos, tres.

Discipline et impro

Au rez-de-chaussée, l’heure est à la danse classique, les élèves attendent déjà devant l’entrée de la salle. « Et ton chignon Kenza ? Tu sais que c’est obligatoire pour rentrer en cours. Allez les filles, dos droit, port de tête, pointes et tout le monde à la barre », lance Leslie Bortolussi, professeure de danse classique, aux futures petites étoiles qui attendent le démarrage du cours. Ici, la pédagogie est un savant mélange entre discipline et épanouissement personnel. « Nous ne sommes pas un centre aéré mais une école qui doit allier divertissement et apprentissage. Les enfants et les adultes viennent d’abord pour le plaisir mais repartent avec un savoir et un bagage artistiques », explique Nollane, directeur pédagogique et professeur de chant.

A l’étage, Cerano, ex-leader du groupe funk disco Funky Street, donne un cours de chant particulier à Yasmina. Micro en main, la jeune femme entonne un classique de Broadway. Exit les longs échauffements vocaux, le deuxième volet pédagogique de l’école préconise une approche plus directe des arts. « La théorie est enseignée à travers la pratique, mais nous laissons aussi une liberté à nos élèves pour qu’ils produisent des choses propres à leur personnalité », affirme Nollane.

Profs et stars à la fois

Une recette qui a certainement contribué au succès du studio. Depuis son ouverture, il a accueilli mille élèves et emploie à l’heure actuelle une trentaine de professeurs à temps complet ou partiel. Parmi eux, on retrouve Adil Hanine, le batteur de Hoba Hoba Spirit, Brahim Bihi, acteur dans la série Kaboul Kitchen ou encore Andreï et Jana, deux virtuoses du piano originaires de Roumanie. « Nous n’avons que des classes réduites de trois élèves, excepté pour le théâtre, la danse et les arts plastiques où l’on monte jusqu’à une quinzaine de personnes », indique Corinne Troisi, responsable du pôle Arts plastiques. La programmation est quant à elle assez variée : zumba, guitare, batterie ou encore atelier de dessins animés.

Rêve de gosse

« J’aurais pu construire des villas, des immeubles ou spéculer, au lieu de ça j’ai préféré réaliser mon rêve », confie le fondateur des lieux, Fihr Kettani, un ex-industriel passionné de chant. « On était en plein dans la star Academy mania, la demande était très forte au Maroc alors j’ai décidé de monter moi-même un projet artistique d’envergure », raconte Fihr Kettani. Un projet inspiré de ce qu’il a vu à l’étranger et financé avec ses fonds propres, 45 millions de dihrams et un prêt bancaire de 20 millions de dirhams, sans rien demander au secteur public. Et en trois ans seulement, il est parvenu à équilibrer les comptes de l’établissement grâce aux cours, dont les tarifs varient entre 4000 et 11 000 dirhams par an, à la programmation de spectacles et à la location des espaces. « Même s’ils sont alignés sur ceux du marché, nos prix sont encore jugés élitistes. Nous aimerions que l’Etat nous aide à développer des bourses pour permettre l’accès au studio à tout le monde, notamment aux enfants des quartiers défavorisés », souhaite Fihr Kettani. Un jour peut-être, les gamins de Hay Hassani pourront eux aussi tâter de la muse.  

 

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