Entretien. Magistrats en colère

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Fait inédit au Maroc, près de 2000 magistrats ont observé un sit-in devant la Cour suprême à Rabat. Explications de Yassine Moukhli président du Club des magistrats du Maroc.

 

Quand vous manifestez pour l’indépendance de la justice, visez-vous le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) que préside le roi ?

Ce n’est pas aussi simple que cela. Le CSM, qui prendra le nom de Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, gère surtout le volet administratif de la carrière des juges. Nous voulons que le Parquet devienne indépendant par rapport au gouvernement, et donc par rapport au ministre de la Justice. Mais aussi la désignation des juges d’instruction par les assemblées générales des tribunaux. Ce sera de cette manière qu’on concrétisera l’esprit de la nouvelle Constitution.

 

Quelles sont vos revendications sociales ?

Le discours royal du 20 août 2009 a été clair quant à la révision de notre situation matérielle, mais le ministère de la Justice tarde à passer à l’action. Au-delà, nous voulons en finir avec le système de l’évaluation judiciaire des magistrats, qui entrave leur carrière professionnelle. Il serait plus démocratique d’opter pour la formation continue par exemple. Pour résumer, nous voulons un traitement et des droits selon les normes démocratiques internationales.

 

Etes-vous assez nombreux au Club des magistrats pour imposer vos exigences ?

Aujourd’hui, le Club compte dans ses rangs 2300 magistrats, sur un total de 3746, et personne ne remet plus en cause notre représentativité. Après le sit-in de Rabat, nous sommes décidés à aller jusqu’au bout, avec des modes de protestation sans précédent, pour faire réagir le gouvernement.         

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