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Portrait. Spicy boy

Portrait. Spicy boy
juin 28
13:24 2012
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A Marrakech, le “Café des épices” a vu défiler Brad Pitt, Jessica Alba ou encore Jean Paul Gaultier. Succes story de ce lieu et de son fondateur, Kamal Laftimi.

En plein cœur de la médina de Marrakech, au milieu des bazars et des vendeurs ambulants, se niche une vieille bâtisse qui ne paie pas de mine. Au premier coup d’œil,  on pourrait croire qu’il s’agit d’un drugstore parmi les dizaines dont regorge le souk. En réalité, c’est l’une des adresses les plus prisées de la ville ocre. Bienvenu au Café des Epices. Kamal Laftimi, le maître des lieux, a su transformer ce café-restaurant en une adresse incontournable pour la jet-set qui fait escale dans la première destination touristique du royaume. Il faut dire que c’est un businessman né. “A 11 ans, sur la terrasse de ma grand-mère, j’élevais des lapins pour les revendre et me faire un peu d’argent de poche”, se souvient Kamal. Et plutôt que de poursuivre ses études, il préfère se consacrer à sa passion, les affaires. Pour cela, il a d’abord pris des cours de langues, conscient de l’importance de l’ouverture sur l’international, surtout à Marrakech. Puis il a parcouru le monde, accumulant les expériences. “J’ai beaucoup voyagé, surtout en Asie où j’ai fait des rencontres extraordinaires. Voir comment les autres procèdent pour réussir permet de trouver son chemin”, affirme-t-il.

Des rêves plein la tête

De retour au bercail, en 2003, Kamal Laftimi décide de réaliser son rêve et lancer sa propre affaire. Il repère un vieux bazar dans la médina, qu’il transforme en un café à la décoration dépouillée mais respectueuse des couleurs et de l’esprit de la ville ocre. Ne disposant que de très peu d’argent au départ, il l’aménage de bric et de broc, avec les moyens du bord. “J’improvisais complètement. Je me rappelle avoir installé des tables qui m’ont coûté 80 dirhams et des tabourets achetés 20 dirhams au souk. Je n’avais même pas de quoi me payer un frigo, alors on mettait les boissons dans un grand seau rempli de glaçons”, raconte aujourd’hui le proprio prospère. Quelque temps après, en 2007, il décide de donner une plus grande dimension au projet, en lançant un restaurant à ciel ouvert, “La terrasse des épices”. Installé sur le toit de la bâtisse, le restaurant et son bar surplombent la médina, offrant aux clients une vue imprenable sur le minaret de la Koutoubia et les sommets de l’Atlas. Pari gagné pour Kamal Laftimi, qui voit les plus grandes stars défiler dans son établissement. “Pendant leur séjour à Marrakech, de nombreuses célébrités viennent déguster un plat typiquement marocain à ‘La terrasse des épices’. Jessica Alba et Brad Pitt sont d’ailleurs des habitués”, précise Kamal.

Loin de se contenter de cette réussite, ce natif de Marrakech ambitionne d’aller beaucoup plus loin et de développer son concept en créant un espace de rencontres culturelles, “Le Jardin”. A deux pas de son restaurant, dans une vieille bâtisse datant du 17ème siècle, Kamal a installé un patio entièrement revêtu de tonalités vertes, de feuillages et de ruisseaux.  “‘Le Jardin’ est aujourd’hui ma priorité. Je rêve que ça devienne le rendez-vous incontournable des artistes, des cinéphiles et des amateurs de littérature. On prépare actuellement une installation dédiée à la projection de films muets”, nous a-t-il confié.

De Kech à New York

Aujourd’hui, la réputation du Café des épices dépasse largement les frontières du pays et son fondateur envisage même d’exporter le concept. “J’ai été approché par des investisseurs américains qui aimeraient ouvrir des enseignes aux Etats-Unis. J’avoue être un peu perplexe même si le local proposé à New York, à deux pas du MoMa (Museum of Modern Art), est très tentant”, explique Kamal. Pour l’instant, l’entrepreneur préfère se consacrer à un autre de ses grands rêves : à 39 ans, il souhaite lancer un hôtel, toujours à Marrakech. “Avec mes collaborateurs, on est en train de plancher sur un concept original où l’esprit convivial et chaleureux de la médina serait préservé. A ce jour, on n’en est qu’au business plan”, nous confie-t-il. Une chose est certaine, ça sera encore un projet avec beaucoup de goût. 

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